Cursus technique

L'ensemble du savoir technique, philosophique, historique (faits d'armes) est consigné dans des documents appelés Denshō (livrets) et Makimono (rouleaux).

Ils sont utilisés par le Soke (héritier, chef de fil) d'une génération pour transmettre à son successeur et à lui seul. Les Denshō n'ont rien de manuels pour enfants. Ils ont été écrits dans l'expérience du sang (parfois même pour obtenir un seul Kata sur une génération) pour transmettre ce qui est important à un apprenti successeur lui même aguerri à la confrontation à la mort sur les champs de bataille.

 

Pour chacun des neuf Ryū que nous apprenons et enseignons au sein de nos Dojo, les Densho comprennent :

 

Plusieurs styles de combat à mains nues parmi : 

- Kosshi jutsu (骨指術)

- Koppō jutsu (骨法術)

- Dakentai jutsu (打拳体術)

- Jūtai jutsu (柔体術) 

- Ninpō Taijutsu (忍法体術) : ce cinquième style n'est réellementa ccessible que lorsque les 4 précédents sont maîtrisés.

 

Pour chacun de ces styles, quels que soient les noms employés, il y a basiquement une progression en 3 niveaux dans les Denshō : 

- Shoden (初伝) : transmissions fondamentales, tout le contenu technique y est enseigné

- Chuden(中伝) : transmissions de niveau intermédiaire. Impossible d'y avoir accès sans un temps de pratique dans le Shoden du Ryū suffisamment long (impossible donc de balayer un niveau et à plus forte raison plusieurs dans un seul weekend de stage autrement que de manière superficielle)

- Okuden (奥伝) : transmissions de profondeur infinie. Le niveau et la profondeur de pratique n'a ici pas de fin.

Chaque Forme (Kata) présentée est écrite formellement dans les Denshō et nécessite une rigueur incontestable (persévérance, endurance, patience ; Le sens du Kanji Nin qui donne le nom à notre pratique) du pratiquant pour que l'essence du Kata se révèle.

Prétendre utiliser des formes libres personnelles ou improvisées (contre sens courant du mot Henka qui signifie variation, changement) serait d'une arrogance folle. Ce qu'on croit savoir ne peut valoir l'expérience d'un Soke, encore moins d'une succession de plusieurs d'entre eux au fil des générations.

 

Chacun de ces niveaux contient des Kata (à prendre au sens de forme et non enchainement comme dans le judo ou le karaté), ayant eux même plusieurs niveaux de travail nommés Henkei et Henka, qui sont écrits formellement et doivent être pratiqués comme tel pour espérer en comprendre un jour l'essence, la raison d'être.

Pratiquer correctement signifie copier le maitre et répéter, encore, encore, encore, inlassablement (persévérance, endurance, patience).

 

 Le travail de plusieurs armes dont le contenu est réparti en niveau, parmi : 

Yari (lance)

Naginata (hallebarde japonaise)

Bisento (hallebarde lourde japonaise)

Bo (bâton long)

Jo (bâton de taille intermédiaire)

Hanbo (bâton court, canne)

Tsurugi ou Ken (épée droite à deux tranchants, forme la plus ancienne, proche de l'épée chinoise)

Tachi (sabre de cavalerie, peu tranchant, plus rescent que le Tsurugi

Katana (sabre très tranchant dans les dix derniers centimètres, le plus récent des trois dans l'Histoire)

Kodachi, wakizashi, Shoto (sabre court)

Tanto (couteau)

Kama (faucille)

Nawa, Torinawa (corde)

Kusari, Kusari Fundo (chaine, lestée et attachée à une autre arme le plus souvent)

Shuriken (armes de jet en général)

Jutte (bloqueur de sabre)

Tessen (éventail en métal lourd)

Kunai (objet utilitaire ayant la même utilisation que le Tessen, donc pas une arme de jet)

Shuko (griffes de mains spécifiques au Togakure Ryū)

 

Attention :

Nous voyons beaucoup d'élèves d'autres dojos dubitatifs sur l'enseignement qu'ils ont reçus ou sur leur rapidité de progression en grade venir nous demander si leur instructeur est qualifié. Notre directeur pédagogique est lui même passé par les mêmes questionnements. Il a obtenu les réponses en posant les bonnes questions aux personnes les plus proches de la source (voir photo Takamatsu Sensei).

Il en ressort que :

Chacune des écoles contient des niveaux d'armes précis. Il ne s'agit pas de formes vagues. 

Chacune des 9 écoles contient des niveaux de Taijutsu et au moins deux styles de combat.

Les grades n'ont pas de valeur technique au Japon. Ils ne sont pas utilisés dans les Ryū traditionnels. Seuls les Menkyo (certificats de maitrise technique délivrés par un Soke) le sont (sur les écoles, pas sur des armes).

Le Japon n'est pas la France. Il convient de parler la langue et de comprendre la culture propre à ce pays si vous souhaitez ne pas faire de contre sens hasardeux.

Ce n'est pas parce qu'un japonais vous gratifie d'un "very good" que ce que vous faites est bon.... bien au contraire. Il s'agit de politesse, non de correction technique d'un élève accepté comme tel.

Log in

create an account